L'adour

Venez découvrir l’histoire du fleuve détourné et arpentez la vingtaine de kilomètres du chemin de halage pour une balade le long de l’Adour.

L'histoire du fleuve détourné

L'Adour est un fleuve long de 335 km, il prend sa source dans le massif pyrénéen du Pic du Midi de Bigorre, au col du Tourmalet et se jette dans l'océan Atlantique après Bayonne, laissant Tarnos sur la rive droite et Anglet sur la rive gauche.

Dans son étude des côtes de France à l'époque gallo-romaine (2ièmesiècle de notre ère), E. DERANCOURT (1935) signale que l'embouchure de l'Aturus (Adour) se situait à l'intérieur des terres actuelles, à 1 500 m environ au sud de Capbreton, presque en face du gouffre de Capbreton appelé Gouf.

Au Moyen Age, l'embouchure unique se serait trouvée à la Pointe des Gahets ; ensuite, l'Adour se serait jeté au nord de Capbreton, en face des étangs de Hardy, et enfin, plus tard, l'embouchure aurait remonté jusqu'à Vieux-Boucau (Vieille Bouche), alors appelé Port-Labrit ou Le Plecq.

Selon les hypothèses de Ch. DUFFART (1897), l'Adour se jetait un peu plus tard dans l'océan (il y a de cela à peu près dix siècles) par plusieurs bras : le principal à l'horizontal de Capbreton, les autres plus au Nord en partant de Dax, en passant par Magescq, la dépression de Soustons et le havre de Vieux-Boucau. On pouvait parler alors d'un véritable delta de l'Adour et les divers étangs subsistant encore sont des témoins avec les lits qui les environnent, comportant des traces d'alluvions arrachées incontestablement aux roches pyrénéennes.

On raconte qu’un cataclysme a dévasté tout le Sud Ouest au début du 14ième siècle (la date en a été perdue dans les mémoires : 1310 ou 1330 ?). Survenant au moment de la fonte des neiges, il a gonflé en quelques heures tous les affluents pyrénéens de l'Adour et transformé le fleuve en une masse torrentielle d'eaux boueuses. En même temps, la tempête déchaînée sur l'océan devant Capbreton accumulait sur la côte des masses de sable au point de former une barre face au Gouf, bloquant brusquement la sortie.

L'Adour se précipite alors vers le Nord sur une largeur de 400 m, arrachant tout sur son passage, traversant Ondres et le pays de Labenne, engloutissant les étangs voisins, absorbant le lac d'Hossegor, ravageant le territoire de Soustons pour trouver enfin au Plecq l'issue qui lui permettait de se jeter dans l'océan.

Le calme revenu, un nouveau cours de l'Adour était né, long de 28 km au-delà du tournant de Bayonne et se terminant par une nouvelle embouchure : le Boucau de Marensin (Vieux Boucau maintenant) et donc par un nouveau port dénommé Port d'Albret. Une sortie secondaire demeurait toutefois à Capbreton, mais rarement praticable pour les navires importants.

Bayonne épargnée par les inondations se retrouva à une trentaine de kilomètres de la nouvelle embouchure de l’Adour. La ville dut faire face à la concurrence des nouvelles cités portuaires de Capbreton et de Port d’Albret.

En 1562, la ville de Bayonne, alors en déclin, obtint de Charles IX de France qu'on aménagea un accès direct à l'océan. C'est Louis de Foix qui fit réaliser la trouée vers l'océan dans laquelle le fleuve s'engouffra le 25 octobre 1578.

L'Adour entretenait une forte activité de transport de marchandises sur galupes (gabarres landaises), permettant d'écouler la production de l'intérieur du Sud Ouest et notamment les vins des vignobles gascons. Cette activité perdura jusqu'à l'orée du 20ième siècle où elle s'inclina devant l'arrivée du train, plus rapide et plus économique. Les quatre principaux ports fluviaux de l'Adour étaient, par ordre décroissant de tonnage réalisé : Mugron, Saint-Sever, Hinx et Dax. À cela, il convient d'ajouter le trafic en provenance du port de Mont-de-Marsan, empruntant la Midouze avant de rejoindre l'Adour à hauteur de Tartas.

6 communes de Landes Côte Sud sont limitrophes de l’Adour.

Saubusse où l’Adour fit la prospérité du village au 18ième siècle avec un port très actif et une population où se trouvaient plus de 200 pécheurs.

Saint Geours de Maremne dispose d’une toute petite ouverture sur le fleuve avec moins de 2 km de rive.

Josse est très proche de l’Adour, le chemin de halage permet de flâner le long de la rive. Le pont de la Marquèze est le trait d’union entre les territoires.

Saint Jean de Marsacq est niché dans les boucles de l’Adour, la forêt et les champs composent un paysage varié. 

Saint Martin de Hinx est une halte des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Une belle balade vous est proposée le long du fleuve.

Sainte Marie de Gosse est très liée à son fleuve. Les Barthes, le cabestan, les demeures anciennes, le confluent des gaves réunis et de l’Adour sont des richesses à découvrir. La culture du maïs et du kiwi ainsi que la pêche de la civelle, alose, lamproie et saumon démontrent l’importance du fleuve dans l’économie locale.

Le chemin de Halage – Les Barthes

Jusqu'en 1920, environ, le Chemin de Halage, le long des Gaves et de l'Adour, fut utilisé et entretenu pour la remontée des gabares. Les gabares ou galupes étaient des bateaux de bois à fond plat qui transportaient les richesses du terroir : vins de Chalosse et de Tursan embarqués à Hinx, Saint Sever et Mugron, eaux de vie d’Armagnac à Mont de Marsan, vins de Jurançon à Peyrehorade, céréales à Mugron, bois, pierres, sables… à Saubusse, Port de Lanne, Sainte Marie de Gosse. Les bateliers profitaient du flux et du reflux pour acheminer les marchandises. Pour la remontée, les gabariers avaient recours à la voile et au halage humain ou animal.

Puis, pendant quelques temps, un haleur à vapeur prit la suite des bêtes et des hommes pour assurer la remontée des bateaux jusqu'à l'extinction complète de la navigation sauf celle de loisir sur le fleuve.

Le Chemin de Halage est aujourd'hui une promenade d'agrément. En amont du pont de Port de Lanne commence la promenade aménagée du chemin de halage de l'Adour. C’est l'occasion de découvrir l'économie de la barthe de la rive droite, mais surtout, d'admirer sans se lasser la vitalité de la rivière et les innombrables variétés végétales et animales (aigrette, héron cendré, cigogne blanche, oie, mais aussi chevreuil, vison et ragondin).

Les Barthes désignent les plaines alluviales de l’Adour séparées du lit mineur par une digue. Elles s’étendent sur 10000 Ha entre le fleuve et le versant du plateau landais. Elles ont un rôle essentiel de stockage et d’écoulement des eaux par le biais de canaux. La richesse de la flore, prairies, chênaies, aulnes, saules et la faune (143 espèces d’oiseaux observées) en font un milieu exceptionnel. Les premiers travaux d’assainissement, menés par des ingénieurs hollandais, il y a plus de 300 ans, eurent pour conséquence d’améliorer certaines prairies en augmentant la production de foin qui engendra une organisation différente de ces espaces naturels.